Essayons de
dire ce qu'étaient les
chaumes et ce qu'elles sont aujourd'hui :
les chaumes, deux choses complémentaires, un pâturage, un
bâtiment :
Le pâturage
ce sont des prairies d'altitude qui sont, pour le massif vosgien,
ce que sont les alpages pour la Savoie. Pendant la belle saison le
bétail s'y nourrit d'une herbe rustique, fournissant un lait de
qualité qui permet la fabrication d'un fromage réputé, le munster
ou le géromé. Ce sont les mêmes, il y a simplement une légère
différence de fabrication. Le géromé est fait matin et soir après
chaque traite, alors que le munster est fait en une seule fois le
matin. La traite du soir est mise en attente, réchauffée à 37° et
mélangée à la traite du matin, le résultat est le
même.
Les chaumes
datent de plusieurs siècles. En 1476, René II duc de Lorraine
ordonnait le recensement du grand pâturage. Celui-ci comptait 22
pâtures, allant des Neufs Bois au sud à Sérichamp au nord. Il est
certain que si le duc de Lorraine éprouvait le besoin de faire un
inventaire, c'est qu'il voulait savoir où il en était, car certains
pâturages existaient depuis 100, 150 ans et peut-être plus
certainement. Sur ces 22 pâturages n'existent plus que Forgoutte,
la Vieille Montagne, Peter Hutte et d'autres. Sérichamp aurait été
remis en état et serait pâturé par un moutonnier de Clefcy Ban sur
Meurthe. Si les sommets étaient le domaine des chaumes, existaient
aussi des fermes d'altitude, les Flutôts en dessous de Forgoutte,
la Kinsmuss au Ménil et bien d'autres dont les noms ont
disparu.
Le bâtiment,
une construction basse, rudimentaire, avec deux pièces principales.
L'écurie* où le troupeau rentrait pour la traite et aussi en cas de
très mauvais temps. Une grande pièce avec, dans un coin, ce que
l'on pourrait appeler l'atelier de transformation. Le feu, les
grandes bassines en cuivre pour le munster et le vachelin, la
baratte, les formes à fromage, le moule à beurre, de l'autre côté,
quelques tables sommaires. A ces tables que de casse-croûte et de
chopines furent consommés, avec force rires et chansons, les
retours dans la vallée, silence.
Quand le
marcaire arrivait à la chaume, en général à la saint Urbain**, son
premier travail était d'allumer le feu qui restait sans s'éteindre
jusqu'à la descente du troupeau à la saint Michel le 29 septembre.
Le travail du marcaire était très prenant : assurer la traite, la
fabrication du beurre et du fromage, soigner le troupeau,
surveiller le vêlage, sans oublier les clients plus ou moins
affamés et assoiffés qu'il fallait satisfaire, voilà en gros ce
qu'étaient les chaumes.
Et
maintenant ? Les chaumes, les vraies n'existent plus, souvenir
d'un
temps révolu. Tout est encore en place, seulement on trait les
bêtes à la machine. Pour la transformation du lait il y a des
normes à respecter impérativement.
Le bâtiment,
c'est une ferme auberge, avec de grandes salles que pourraient
envier des restos dits de grande classe. Là aussi, tout est aux
normes. Ceux qui fréquentent ne sont plus seulement des amis venus
voir le marcaire et trinquer avec lui, mais aussi des curieux venus
de loin qui viennent se régaler de nourritures qui étaient notre
simple quotidien.
Temps
révolu, souvenirs ... Luttons pour conserver ce qui reste de nos
traditions et de notre patrimoine.
Nous poursuivons notre incursion au Moyen Âge, qui a commencé avec
la
chute de l'Empire romain en 476 et s'est terminé avec la prise de
Constantinople en 1453 et nous allons enfin découvrir les premiers
Véternats.
Précisons que les premiers habitants de nos contrées ne sont pas
Français, ils font partie du duché de Lorraine. J'avais évoqué lors
de la dernière chronique, le partage de l'héritage de Charlemagne
(843, Traité de Verdun). Créé pour Lothaire II, le royaume
deviendra la Lotharingie qui sera intégrée au royaume de Germanie
dont elle constituera un duché. En l'an 960, ce royaume sera divisé
en Basse et Haute Lotharingie, cette dernière deviendra la Lorraine
qui sera rattachée au royaume de France en 1766. Vers 1220,
s'ouvrent en Suisse les cols du St-Gothard et du Simplon, dès lors
et jusqu'au XIVe siècle, le grand trafic entre les Flandres et
l'Italie du nord s'écoule par les chemins de grande communication
qui passent par les vallées de la Moselle et de la
Thur.
Depuis plusieurs siècles, les crêtes du massif vosgien séparent
deux mondes culturels : la Lorraine tournée vers le monde
occidental et l'Alsace, vers l'Europe centrale. L'abbaye de Munster
va jouer un rôle moteur dans le processus de montée des pasteurs
alsaciens vers les crêtes avec :
Le traité de
Marquart en 1339
Que
signifie Marquart ? C'est à la fois, curieusement, le nom de l'abbé de
Munster à l'origine du traité et une déformation de l'alsacien d'Melker
(celui qui
trait les vaches, melk=lait), prononcé malkar par les Alsaciens et qui
donnera le marcaire actuel. Cet acte, passé entre l'abbé et la ville de
Munster ne fait qu'entériner une pratique déjà ancienne débutée
vers l'an 1140. Il autorise le franchissement du first
(littéralement la poutre faîtière, c'est à dire les crêtes). Les
marcaires alsaciens prennent l'habitude de séjourner l'hiver sur le
versant lorrain des chaumes plutôt que de redescendre avec leur
bétail dans les vallées alsaciennes. Il faut y voir l'origine du
peuplement de la partie lorraine du massif.
Dès
1285 sont fondés les bourgs de
La Bresse et
Gérardmer
par des
Alsaciens.
Les
cols jouent donc un rôle fondamental dans cette colonisation
alsacienne chez nos voisins. Celui du Rothenbach desservait La
Bresse. Le Hohneck : Gérardmer et le Tanet : Munster et le
Valtin.
Ventron sera peuplé plus tardivement, d'abord par des charbonniers,
puis par des marcaires venus du val St-Amarin et de Suisse qui
construisirent des huttes (schopf). Comme les chaumes n'étaient
habitables qu'en été et qu'il fallait abriter le bétail, les
marcaires construisirent des granges pour
hiverner.
Les maîtres de ces trois contrées plus
Bussang étaient alors
les ducs de Lorraine et les chanoinesses de Remiremont. Les
pelouses aménagées sur ces montagnes indivises formèrent dès le
début du XIVe siècle, ce que le duc et l'abbesse nommaient :
"notre grand pasturaige, le haut pasturaige, la
pasture"
1476 :
Visite des pelouses du Grand Pâturage
En
1476, des agents du duc de Lorraine procèdèrent à la
reconnaissance
des
21 pelouses du Grand Pâturage, ce qui demanda neuf jours.
D'abord à
Bussang,
Neufs-Bois,
Drumont et
Forgoutte,
puis les
pacages des
Vintergés et la pelouse du
Grand-Ventron,
en
poursuivant vers Cornimont et La Bresse, ce seront
Peterhutte
et
la
Vieille-Montagne. Ensuite par le col de Bramont, on atteint le
Rothenbach et l'on continue par les pâturages de
Ferschmuss,
Breitsouzen,
Schmargult et
Chitelet qui
dépendent du Hohneck puis à
La Bresse, visite des chaumes du
Haut-Rouen et de
Champy.
Enfin,
depuis Gérardmer, les pelouses de
Grouvelin, de
St-Jacques
et de
Fachepremont. Les chaumes de
Belbriette,
Balveurche,
Lenvergoutte
et
Fonie sur la rive droite de la Vologne font partie de la
prévôté
de Bruyères. La même année le duc René II ajoute une 22 ème
pelouse,
Sérichamp, située sur le bailliage de
St-Dié.
Ce
document de 1476 constitue la plus ancienne source d'information
sur le Grand Pâturage, il prouve
l'existence et la reconnaissance
des 22 pelouses telles que nous les connaissons
aujourd'hui.
1523 :
Déclaration des feux du bailliage des Vosges
Notre
village commence à se peupler. Le premier dénombrement de
population de
1523 recense
12 feux à Ventron, soit 54
habitants.
Par "feu", ou "conduit" on entend la
cellule familiale groupée autour du chef du feu, soit 4 ou 5
personnes. En 1894, Victor Valroff, ancien maire, donne le nom de
ces premiers habitants de Ventron : Nicolas AUBERTIN, maire,
François AUBERTIN, Mengin et Nicolas VAUDENAIRE (Valdenaire),
Demenge Jehan GIN (Géhin), Nicolas HENRY, Claude et Jacques Colin
JACQUOT, Romary LAMBERT, Mengin AUBRY, Lambert HOCCOT. Il manque un
chef de feu, quel était son nom ?
Victor Valroff nous donne aussi, et c'est très intéressant, une
autre liste de noms en 1525 : Nicolas BETEL (Aubertin ?),
Demenge
Jehan GIN, Mengin VAUDIAIRE (Valdenaire), Jehan son fils, le Grand
Demenge (Valdenaire ?), Nicolas HENRY, Jean Claude (est-ce Jean
CLAUDE ?), Demenge Dynot (est-ce Demenge DYNOT ?), Colin son
frère, Antoine et Romary de Belmont, Laurens, Antoine, Colin
Romary, Mengin AUBRY, Jehan son fils, Pierrot son fils, Nicolas son
frère, Jacques Xolin JACQUES (JACQUOT), Jean HAUCAUT, François
BERTIN, Nicolas BERTIN et Claudel son fils. L'orthographe est
parfois fantaisiste, la raison en est que peu de gens savaient lire
et écrire,
"on écrit comme on entend", nous dit
Valroff, il fait également remarquer que Mengin est une variante de
Demenge que l'on donne au fils qui porte le prénom du père pour les
distinguer. Valroff s'étonne de
"l'accroissement inexplicable
en deux ans", mon idée est que les noms donnés ne sont
peut-être pas seulement ceux des chefs de feux, mais aussi de
quelques personnes qui composent les familles, puisqu'il est
mentionné à plusieurs reprises
"fils
de".
C.Remy-Germain
Calendrier des Manifestations
SEPTEMBRE
07 Activités 3ème âge (Club les
Véternats) Salle des fêtes
19 Assemblée générale (Foyer de
Ski) Chalet du Tremplin
19 Fermeture étang et barbecue
(Truite Véternate) Etang des Chauproyes
Marché aux puces
(DSL)
21 Activités 3ème âge (Club les
Véternats) Salle des fêtes
25 Repas dansant (ADMR) Salle
des fêtes
OCTOBRE
01 Assemblée générale (ADIC)
Salle des fêtes
05 Activités 3ème âge (Club les
Véternats) Salle des fêtes
07 Repas des anciens (CCAS) Les
Bruyères
09 Assemblée générale (USV)
Salle des fêtes
16 Vente de licences (USV) Salle
du conseil
Bourse aux skis (Parents
d'élèves) Salle des fêtes
19 Activités 3ème âge (Club les
Véternats) Salle des fêtes
22 Assemblée générale (Parents
d'élèves) Salle des associations
23 Assemblée générale (COHM)
Salle des fêtes
24 Repas dansant (DSL) Salle des
fêtes
30 Bal des Jeunes (Association
des Familles) Salle des fêtes
Associations : articles à
remettre pour le 24 septembre